King Hannah - Hannah Merrick & Craig Whittle

King Hannah - Hannah Merrick & Craig Whittle

King Hannah, l’élégance de la lenteur

King Hannah n’ont pas eu besoin d’une longue discographie pour imposer leur nom. En deux albums, ils ont dessiné un territoire reconnaissable entre mille : un rock lent, épais, traversé de guitares qui s’étirent comme des routes nocturnes, et la voix grave, presque chuchotée, de Hannah Merrick, toujours au bord de l’aveu ou de la déflagration.

Leur premier album, I’m Not Sorry, I Was Just Being Me (2022), pose les fondations : des morceaux qui avancent comme des fantômes, avec une lenteur hypnotique. On pense aux plaines américaines, aux films de David Lynch, aux soirs où le temps s’effondre. Déjà, le duo formé par Hannah Merrick et Craig Whittle installe une esthétique de contraste : douceur fragile contre tension électrique, mélodies intimistes contre riffs abrasifs.

Avec Big Swimmer (2024), King Hannah élargissent le spectre. Les chansons deviennent plus vastes, presque orchestrales, sans perdre leur intensité intime. C’est un disque d’embruns, de paysages marins, où la mélancolie se fait océanique. Toujours cette impression de traverser des images : une cigarette écrasée sur un trottoir mouillé, une chambre vide, une tempête au loin.

Ce qui marque chez King Hannah, c’est cette capacité à rendre la lenteur spectaculaire. Chaque morceau est un plan-séquence : rien ne presse, mais tout brûle sous la surface. Leur musique est faite pour les insomnies, pour les routes désertes, pour les silences qu’on n’arrive pas à combler.

Dans un monde saturé de vitesse, King Hannah réaffirment la puissance du ralenti. Et c’est peut-être pour ça qu’ils comptent déjà, malgré leur courte carrière : ils rappellent que la tension, la beauté et la douleur trouvent toujours plus de force quand elles prennent le temps de s’installer.

ROCK PSYCHÉ - KING HANNAH - PORTAIT

King Hannah – The Elegance of Slowness

King Hannah didn’t need a long discography to make their mark. With just two albums, they’ve carved out a territory instantly recognizable: a slow, heavy rock, stretched out guitars like endless night roads, and Hannah Merrick’s deep voice — half-confession, half-detonation.

Their debut, I’m Not Sorry, I Was Just Being Me (2022), set the foundations: songs that move like ghosts, hypnotically slow. It calls up the American plains, David Lynch’s films, nights where time itself falls apart. Already, the duo of Hannah Merrick and Craig Whittle established their aesthetic of contrasts: fragile tenderness against electric tension, intimate melodies against abrasive riffs.

With Big Swimmer (2024), King Hannah widened the scope. The songs grew vast, almost orchestral, without losing their intimate intensity. It’s a record of sea spray and horizons, where melancholy becomes oceanic. Listening feels like moving through images: a cigarette stubbed out on wet pavement, an empty room, a storm building in the distance.

What makes King Hannah remarkable is their ability to make slowness spectacular. Every track feels like a long take: nothing rushes, yet everything burns underneath. Their music belongs to insomniac nights, deserted highways, the silences you can’t quite fill.

In a world addicted to speed, King Hannah reassert the power of the slow burn. And that’s why they matter already, despite their short career: they remind us that tension, beauty, and pain always cut deeper when given the time to linger.

ROCK PSYCHÉ - KING HANNAH - PORTAIT
ROCK PSYCHÉ - KING HANNAH - PORTAIT
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