ALBUM DE LÉGENDE - THE'S A RIOT GOING'ON - 1971
28 août 2025✶ L’album de légende ✶
Sly & The Family Stone – There’s a Riot Goin’ On (1971)
Un disque qui colle à la peau. Pas d’éclat, pas de lumière. Une chape de nuit qui tombe sur le funk américain.
En 1969, Sly & The Family Stone chantaient Everyday People, symbole d’un rêve commun, métissé, lumineux. Deux ans plus tard, Sly Stone est enfermé dans sa maison de Los Angeles, paranoïaque, cocaïné jusqu’à la moelle, fuyant son propre groupe. Il enregistre seul, sur un magnétophone 8 pistes, noyé dans les nuits sans fin.
Le résultat : There’s a Riot Goin’ On.
Un album ralenti, trouble, comme une bande-son jouée sous morphine. Les batteries disparaissent au profit d’une boîte à rythmes primitive, grésillante, sale. Les basses de Larry Graham frappent, lourdes et hypnotiques. Les guitares s’enlisent dans des boucles étouffées. Les voix sont fantomatiques, lointaines, comme si tout avait été capté à 3h du matin, entre deux rails.
Et au milieu de ce chaos, un miracle froid : Family Affair. Tube minimal, groove réduit à l’os, chant désabusé de Sly et de sa sœur Rose. Premier numéro 1 à poser une boîte à rythmes devant, et un des morceaux les plus glaçants du funk.
Pourquoi c’est culte ? Parce que ce disque a cassé la fête. Il a montré le revers du rêve. Finie l’utopie des sixties : place à la fatigue, au désenchantement, à la vérité brute. C’est un disque de désillusion, un miroir de l’Amérique de 1971 — guerre du Vietnam qui s’étire, Black Panthers traqués, idéaux qui se fissurent.
Mais c’est aussi une naissance. Le funk moderne, le hip-hop futur, le groove qui nourrira Prince, D’Angelo, Kendrick. Tout ça commence ici, dans cet album malade.
Un disque culte n’a pas besoin d’être parfait. Parfois il suffit qu’il dérange, qu’il brûle encore cinquante ans après.
There’s a Riot Goin’ On ne console pas. Il te dit juste que la fête est finie.
Et dans ce constat brutal, il devient éternel.
Sly & The Family Stone – There’s a Riot Goin’ On (1971)
A record that sticks to your skin. No shine, no light. A nightfall pressing down on American funk.
In 1969, Sly & The Family Stone sang Everyday People, a hymn to unity and brightness. Two years later, Sly Stone was locked away in his Los Angeles home, paranoid, strung out on cocaine, drifting away from his own band. Alone at the controls of an 8-track recorder, drowning in endless nights.
The result: There’s a Riot Goin’ On.
A slowed-down, troubled album, like a soundtrack played under morphine. Drums replaced by a primitive, crackling drum machine. Larry Graham’s basslines heavy, hypnotic. Guitars sinking into muffled loops. Vocals ghostly, distant, as if caught at 3 a.m., somewhere between two rails.
And in the middle of this chaos, a cold miracle: Family Affair. Minimal, skeletal, disenchanted. The first Number One built on a drum machine, one of funk’s most chilling anthems.
Why is it legendary? Because this record broke the party. It showed the reverse of the dream. The 60s utopia was over: fatigue, disillusion, brutal truth. The Vietnam war dragging on, the Black Panthers hunted, ideals collapsing.
But it was also a beginning. Modern funk, future hip-hop, the groove that would feed Prince, D’Angelo, Kendrick — it all starts here, in this sick album.
A cult record doesn’t have to be perfect. Sometimes it just has to disturb. To burn, fifty years later.
There’s a Riot Goin’ On doesn’t comfort. It simply says: the party is over.
And in that brutal truth, it becomes eternal.
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